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28 juin 2013

Musée Messner

Toujours à Bolzano, en Italie (décidément cette ville recèle bien des merveilles... voir Ötzi) nous nous sommes rendus au Mountain Messner Museum, comme son nom l'indique fondé par l'alpiniste Reinhold Messner, au château de Sigmundskron.


L'entrée du château est un mélange osé, mais qui fonctionne, de style médiéval et bouddhique.
La porte moyen-âgeuse est farouchement gardée par des lions, habituellement gardiens des monastères, et le château béni des dieux grâce aux drapeaux à prières tibétains qui volent au vent.


A peine entrés dans la cour du château, alors que La Mandarine plaisantait en disant "si on rencontre Messner je vais l'appeler Reinhold", voilà-t-y pas qu'on tombe réellement dessus !

Il était là attablé avec des amis et nous tels 2 pucelles on se demandait comment l'aborder.
Heureusement La Mandarine a dégainé son plus bel allemand (langue maternelle de Messner) et lui a demandé littéralement sans faire exprès "est-ce qu'on peut vous arracher une photo ? " ça a fait rire Messner qui a validé la demande.

Pour ceux qui se demandent pourquoi on était dans cet état d'excitation en le voyant, un rapide résumé s'impose:  CE MEC EST LE DIEU VIVANT DE l'ALPINISME.
Et si il a gravé à jamais son nom dans l'histoire de l'alpinisme mondial, il a également défié la science en étant le 1er à gravir l'Everest sans oxygène alors que les scientifiques s'accordaient à dire que c'était physiologiquement impossible.
Il a ensuite été le 1er à gravir les 14 sommets de plus de 8000 m, toujours sans oxygène et sans assistance.
Il a réalisé tellement de prouesses qu'il serait bien trop long de les détailler ici, mais pour vous donner une idée c'est un peu le Zidane de l'Himalaya (sauf que Zidane, je vais encore me mettre tout Marseille à dos, je le déteste et qu'il ne lui arrive pas à la cheville).

Donc après avoir questionné La Mandarine sur son boulot, ce qui avait l'air de beaucoup l'intéresser vu que La Mandarine travaille pour une entreprise de poivrots, voilà la photo de nous 2 avec Reinhold Messner et sa légendaire tignasse.
Et à la question palpitante que tout le monde se pose, bien sûr que La Mandarine n'a pas osé l'appeler Reinhold.


Les groupies que nous sommes ont eu la délicatesse de se retirer au bout se 5 minutes et avons pu entreprendre la visite du musée-château sur un petit nuage sachant encore le maître dans les lieux.

L'intérieur du musée continue de varier les genres avec des pièces sombres et modernes qui font complètement ressortir l'éclat des photos de montagne qui y sont présentées,


d'autres pièces, qui elles, ont gardé un cachet particulier avec leurs murs de pierres originelles et leur sol réaménagé.


Au fil des pièces on découvre des objets bouddhistes qui lui ont été offerts lors de ses divers séjours en Himalaya.
Ici un Thanka tellement grand qu'il prend tout le mur, habituellement on en voit de cette taille uniquement dans les monastères.


Et ici un moulin à prière, qui lui prend toute la pièce


Dans une des pièces est aussi exposée la combinaison qu'il portait pour sa 1ère ascension de l'Everest sans oxygène.


Et cette petite pièce est consacrée aux photos de nombreux alpinistes morts en montagne, des enceintes laissent filtrer Blowing in the wind de Bob Dylan, et au risque de passer pour une quiche j'ai trouvé ça vraiment très émouvant.


La visite s'effectue dans un ordre bien précis et on rejoint les différentes tourelles (toutes plus belles les unes que les autres)



par de gigantesques passerelles qui offrent différents types de panoramas

Depuis celle-ci,


on a vue imprenable sur Bolzano et les collines qui l'entourent


Celle-là offre collines verdoyantes et sommets enneigés


Et grâce à ces 2 là



on peut admirer le vert éclatant des vignes sud-tyroliennes


Mais pour Messner qui a frôlé plusieurs fois la mort, dans cet écrin himalayen perché au-dessus du sud-Tyrol, Bouddha n'est jamais loin.


24 juin 2013

Ötzi, la momie des glaces en chair et en os...

Lors de notre périple tessinois nous avons décidé de pousser jusqu'à Bolzano, en Italie, pour rendre visite à Ötzi.

En 1991 suite à la fonte d'un glacier, un couple de randonneurs découvre un corps momifié dans les alpes de l'Ötzal, d'où son surmon Ötzi, la momie des glaces. (Photo google images).


Grâce à l'équipement retrouvé près du corps il est rapidement établi qu'il ne peut pas s'agir d'un simple randonneur.
Ayant été découvert à 90 m de la frontière autrichienne, côté italien, l'Italie réclame le corps et monte une mission scientifique internationale.

Depuis la fin de la mission, Ötzi repose au musée archéologique de Bolzano qui lui est entièrement dédié, et chose suffisamment rare pour être mentionnée, le musée partage TOUT de l'histoire d'Ötzi avec ses visiteurs.

C'est comme ça qu'on découvre les habits que portait Ötzi au moment de sa mort.
Et on se rend compte que la mode n'est qu'un éternel recommencement: les pompes d'Ötzi de la période du Chalcolithique (5300 avant JC) ne sont pas si éloignées de nos tropéziennes actuelles sauf que nous on ne les recouvre pas de paille et de peau d'animaux pour se réchauffer.



Du temps d'Ötzi on portait aussi des leggings, bon celui-ci est en peau de chèvre et alors.


Quant à la chapka, très en vogue chez la racaille lors des frimas bien connus de l'hiver marseillais, Ötzi en avait une aussi, en peau d'ours, c'est tout de même plus chic.



On a également retrouvé sa hache, objet déterminant non seulement pour établir qu'Ötzi était probablement un chef de guerre mais surtout déterminant pour l'histoire de l'humanité puisqu'elle prouve l'erreur de datation initiale des scientifiques quant au début de l'âge du cuivre.
La hache d'Ötzi prouve qu'à cette époque, soit 5300 ans avant JC, les hommes avaient déjà découvert le cuivre même s'ils n'en étaient qu' à leurs balbutiements.


L'équipe scientifique a réalisé une véritable prouesse tant le nombre de détails que l'on peut apprendre sur Ötzi est hallucinant.
On sait par exemple que le dernier repas d'Ötzi était composé de céréales et de viande de cerf et de bouquetin, qu'il était allergique au lactose, qu'il était victime d'un parasite intestinal qu'il soignait à l'aide de champignons, qu'il était porteur de la maladie de Lyme, et même qu'il avait subi un très gros stress 15 jours avant son décès.

Et comme le musée de Bolzano partage tout, on peut prendre connaissance du rapport d'autopsie qui recèle un importance toute partiulière puisque la mort d'Ötzi est un meurtre !

On peut faire mumuse avec le microscope


Où regarder la radio du squelette d'Ötzi dans sur laquelle on distingue très nettement le bout de la flèche qui lui a été tirée dans l'aisselle et qui a été fatale. (Regardez bien la flèche à l'intérieur du corps pas celle de la radio qui justement montre la flèche sinon ça ne va pas vous sembler crédible bande de neuneu).


Un peu plus loin grâce au travail extraordinaire des scientifiques et spécialistes en tous genres, Ötzi a pu être reconstitué à la perfection: taille, corpulence, couleur des yeux, cheveux, barbe, vêtements, tout y est:


Oh pardon, je me suis encore trompée, ça c'est Chabal le rugbyman, je les confonds tout le temps.

Ötzi c'est lui, reconnaissez qu'il y a un air quand même...


Trêve de plaisanterie je passe à la séquence émotion.
Quand je vous dis que le musée de Bolzano partage tout avec ses visiteurs c'est qu'il partage même sa momie !

Le corps d'Ötzi repose dans une chambre froide à une température de -6° pour recréer les conditions dans lesquelles il s'est naturellement momifié au sein du glacier et afin que sa momie ne se dégrade pas. Une balance surveille en permanence son poids qui doit toujours rester à 21,118 kg. 

Quand on a vu comme nous les documentaires et reconstitutions avant même de venir au musée, qu'on découvre sur place les affaires qui lui ont appartenu, et qu'on connaît pas mal de détails de sa vie et de sa mort, au moment où l'on s'approche de ce drôle de linceul, cette vitrine à la lumière feutrée on est à la fois fascinés et remués d'avoir devant nous l'un des témoins de l'histoire de notre humanité.